- Mercredi 1er et jeudi 2 avril 2026
- À la Faculté des Lettres de Sorbonne Université, 1 rue Victor Cousin 75 006 Paris
Comité d’organisation : Michèle Clément, Paul-Victor Desarbres et Adeline Lionetto.
Les différentes anthologies ou recueils prosopographiques traitant de l’humanisme présentent très peu de femmes. Dans L’Anthologie des Humanistes européens de la Renaissance réunie par Jean-Claude Margolin, (Folio, 2007), sur 169 humanistes enregistrés, on compte deux femmes seulement (Thérèse d’Avila et Louise Sigée). Y a-t-il eu des femmes humanistes ? L’idée de ce colloque n’est pas tant de proposer un addendum aux listes préexistantes que de discuter à partir d’une sélection de cas européens la notion d’humanisme. On s’interrogera ainsi sur ce qui invite à considérer une autrice comme humaniste, car toutes les femmes lettrées qui écrivent ne sont pas humanistes. Quels sont les critères déterminants ? La maîtrise des langues anciennes, la traduction, l’accès indirect aux sources antiques à travers la traduction, une compétence biblique, une pratique des arts libéraux ou des connaissances dans les trois disciplines supérieures que sont le droit, la médecine ou la théologie ? Quelle extension chronologique retenir pour cette « période humaniste » sachant que chaque pays européen n’a pas la même chronologie intellectuelle et culturelle ? Faut-il commencer en Italie et en France dès le XVe siècle, faut-il aller loin dans le XVIIe siècle, voire au XVIIIe pour l’Europe centrale ? Pour cette enquête que nous souhaitons large sur le plan géographique, nous allons nous centrer sur la fin du XVe siècle et le XVIe siècle.
En interrogeant l’histoire sociale (conditions d’accès au savoir, famille littéraire, matrimoine…) d’un point de vue genré et le « grand récit » de l’humanisme européen, nous souhaitons renouveler la définition des pratiques humanistes.