Vers la science de l'art

L'esthétique scientifique en France (1857-1937)

ISBN : 978-2-84050-907-3
Collections : Art'hist
Date de publication : 30/06/2013
Format : 16 x 24 cm
Nombre de pages : 254
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Longtemps reléguée au second plan de l'histoire des idées, l'esthétique scientifique a pourtant profondément renouvelé la manière de penser l'art entre le milieu du XIXe siècle et les années 1930. Refusant de rechercher le beau dans une essence abstraite, elle s'attache à comprendre les mécanismes de l'expérience esthétique, en plaçant au cœur de sa réflexion le corps, la sensation, la perception et les émotions de l'observateur. À la croisée de la philosophie, de la psychologie expérimentale, de la physiologie et de l'histoire de l'art, elle substitue à une « science du beau » une véritable « science de l'art », attentive autant aux œuvres qu'aux conditions de leur réception et de leur création.

Portée par les avancées des sciences expérimentales et nourrie par les théories de l'empathie, de la sympathie esthétique et de la psychologie des sensations, cette pensée accompagne une transformation majeure de la modernité artistique. Elle éclaire les liens profonds entre recherche scientifique et création, depuis les réflexions sur la couleur, la perception et le mouvement jusqu'aux théories néo-impressionnistes, aux arts décoratifs, aux premières formes de l'abstraction ou encore aux recherches sur le rythme, la danse et la musique. Derrière ces débats se dessine une nouvelle conception de l'œuvre d'art, fondée moins sur l'imitation du réel que sur la puissance expressive des formes et leurs effets sur la sensibilité.

Réunissant philosophes de l'esthétique, historiens de l'art et spécialistes de la culture visuelle, Vers la science de l'art. L'esthétique scientifique en France (1857-1937) restitue toute l'ampleur d'un courant intellectuel aujourd'hui largement méconnu. À travers l'étude de figures majeures telles que Victor Cousin, Hippolyte Taine, Victor Basch, Charles Henry ou Gabriel Séailles, il met en lumière les échanges entre la France et l'Allemagne, les débats sur la psychologie expérimentale, les rapports entre art et science, ainsi que les enjeux sociaux et politiques d'une pensée qui entendait faire de l'esthétique un véritable champ de connaissance.

En redonnant toute sa place à cette « tradition oubliée », l'ouvrage ne se limite pas à retracer un épisode essentiel de l'histoire des idées. Il offre également des clés précieuses pour comprendre les interrogations les plus contemporaines sur les rapports entre perception, cognition, création artistique et sciences du cerveau. À l'heure où les sciences cognitives et la neuroesthétique connaissent un essor considérable, cette enquête montre combien les débats actuels s'inscrivent dans une histoire intellectuelle plus longue, où le dialogue entre sciences, philosophie et arts apparaît comme l'une des conditions essentielles pour penser l'expérience esthétique dans toute sa richesse.


 

Introduction

(A. Pierre, C. Maigné, J. Lichtenstein) 

Chapitre I : La science du beau

. Alain-Patrick Olivier, « Les paradoxes de la science du beau dans la philosophie française »

. Michel Espagne, « La Science du beau de Charles Lévêque » 

. Marie Guthmüller, « Procédés empiriques et savoir esthétique. Hippolyte Taine fondateur de la ‘critique scientifique’ et de la ‘psychologie expérimentale’ »

Chapitre II : Transferts

. Carole Maigné, « La science de l’art dans la Revue philosophique »

. Jacqueline Lichtenstein, « Victor Basch et l’esthétique expérimentale : une histoire oubliée de l’esthétique française »

. Céline Trautmann-Waller, « Berlin 1913-Paris 1937 : l’esthétique et la science de l’art, d’un congrès à l’autre »

. Georges Roque, « La sensation visuelle selon Helmholtz et sa réception en France »

Chapitre III : La science de l’art

. Eric Michaud, « L’esthétique scientifique de Charles Henry et l’avènement du normal »

. Jean-Marc Colrat, « Une science totale, ou l’esthétique de Maurice Griveau »

. Pascal Rousseau, « Charles Henry : la mathématique des sentiments et l’harmonie sociale »

. Estelle Thibault, « La ‘parti solide de l’esthétique’. Une science des formes utiles à l’âge de l’industrie »

Chapitre IV : Perception et mouvement

. Arnauld Pierre, « Du plaisir moteur de l’œil. Hédonique et sens du mouvement »

. Roxana Vicovanu, « De la ‘grammaire du geste’ au ‘geste de l’art’. Adolphe Appia et Emile Jaques-Dalcroze à la recherche du rythme »

Arnauld Pierre est professeur en histoire de l’art contemporain à Sorbonne Université et chercheur au Centre André-Chastel depuis 2006. Son domaine de recherche englobe les sources et l’imaginaire de la modernité considérée dans le champ élargi de la culture scientifique et visuelle. Ces…
Carole Maigné est professeure de philosophie à l'Université de Lausanne. Ses recherches portent notamment sur l'esthétique, la philosophie de l'art ainsi que sur la philosophie allemande et autrichienne des XIXe et XXe siècles.
Jacqueline Lichtenstein était une philosophe et historienne de l'art française, professeure d’esthétique et de philosophie de l’art. Son travail s'est développé comme une réflexion sur l'art des XVIIe et XVIIIe siècles, les spécificités de la pensée artistique et le fonctionnement des discours…

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